
Dans l’archipel des Saintes, en Guadeloupe, une petite pâtisserie moelleuse témoigne des traditions locales : le tourment d’amour antillais. Plongeons ensemble dans l’histoire et les secrets de cette spécialité emblématique des Antilles.
Une histoire d’amour et d’attente
Le tourment d’amour antillais, ce petit gâteau emblématique des Saintes, raconte une histoire d’attente et de tendresse.
Son nom poétique évoque le tourment des femmes restées à terre, rongées par l’inquiétude et l’impatience face à l’absence de leurs maris partis en mer. Pour adoucir ces retrouvailles tant espérées, elles confectionnaient ce délicieux gâteau fait maison, symbole de leur amour et de leur dévouement.
À leur retour, les marins recevaient ce tendre présent en signe de réconfort et d’affection. C’est ainsi qu’est né le tourment d’amour, un gâteau moelleux et généreusement garni de confiture de noix de coco, préparé avec soin et passion.

Vue sur le village de Terre-de-Haut.

Des marins partant au large pour pêcher.

La place de l’apéro des pêcheurs.
Le tourment d’amour antillais : un héritage culinaire
Aujourd’hui, cette gourmandise sucrée continue de faire le bonheur des habitants et des visiteurs des Saintes. Devenu une spécialité incontournable, le tourment d’amour est préservé et transmis au fil des générations.
Si vous débarquez à Terre-de-Haut, sur l’archipel des Saintes, vous apercevrez, dès votre arrivée au port, des femmes de l’île portant de petits paniers remplis de ces délicieuses pâtisseries. Aux côtés du tourment d’amour, elles proposent aussi d’autres spécialités locales, autrefois offertes aux marins à leur retour.
Aujourd’hui, ces délices créoles sont vendus aux touristes, offrant un véritable voyage au cœur de l’histoire et des traditions de l’île.
Mais que trouve-t-on dans cette délicieuse tartelette ?
Les tourments d’amour, ce sont des pâtisseries généreuses qui marient différentes textures et saveurs.
Elles se composent d’un fond de tarte en pâte brisée, garnie d’une confiture exotique — traditionnellement à la noix de coco, mais aussi déclinée à la banane, à l’ananas et bien d’autres fruits.
Par-dessus, une génoise moelleuse vient recouvrir le tout, apportant une touche légère et sucrée.
Chaque bouchée est une invitation au voyage, où se mêlent douceur, exotisme et savoir-faire ancestral.
La transmission : Cillette et le savoir-faire familial
Parmi ces dames, j’ai rencontré Cillette, une Saintoise. Avec passion, elle perpétue la transmission culinaire, à l’image de sa grand-mère, qui avait partagé cette recette avec sa mère. Très jeune, elle a appris à préparer ces desserts aux côtés de ces deux femmes, assimilant chaque geste et chaque étape qui font toute la différence. Ainsi, cette tradition familiale se transmet avec ferveur depuis quatre générations.
En plus de ce gâteau emblématique, Cillette préparait également d’autres délices créoles, comme les accras et bien d’autres mets savoureux. Pourtant, le tourment d’amour occupe une place toute particulière dans son cœur. À l’origine, ce petit gâteau était garni d’une confiture de noix de coco. Fidèle à la recette de ses ancêtres, Cillette râpe la coco à la main et prépare elle-même sa confiture. Ainsi, elle fait cuire la coco râpée longuement sur feu doux dans une casserole, un geste hérité de ses aînées.
Aujourd’hui, le tourment d’amour se décline en plusieurs saveurs : goyave, ananas, banane etc. Avec la coco, Cillette prépare aussi une confiture de banane plantain, revisitant ainsi la tradition tout en préservant l’essence.
À travers elle, c’est un hommage rendu aux femmes des Saintes, qui offraient autrefois leur tourment d’amour aux marins au retour de la pêche. Comme à l’époque, ce gâteau est bien plus qu’une gourmandise : il est un symbole d’amour, de famille et de transmission.

Cillette prépare sa confiture de noix de coco.
Le tourment d’amour antillais : une tradition toujours vivante
Bien plus qu’une simple gourmandise, le tourment d’amour est un héritage vivant, porté par des générations de femmes passionnées. À travers des mains comme celles de Cillette, cette tradition culinaire continue de faire rayonner l’histoire et l’âme des Saintes.